4/11/2014 - 3 questions à Philippe Lê

Philippe Lê, Professeur associé à GEM et responsable du Mastère Spécialisé « Management Technologique et Innovation » (MS MTI), et Pierre-Paul Jobert, Professeur associé à GEM, responsable du module “ Ecosystèmes d’innovation” du MS MTI :

Philippe Le« Nous voulons tirer le meilleur des clusters mondiaux pour hisser Grenoble dans le top 3 mondial »

 En mai dernier, les 35 étudiants du Mastère Spécialisé Management Technologique et Innovation (M.S. MTI) de Grenoble Ecole de Management partaient à Séoul étudier le cluster coréen spécialisé dans les nano et micro-technologies.

 

Pourquoi ce voyage d’études et pourquoi à Séoul ?

C’est la deuxième année que nous organisons ce voyage d’études avec les étudiants du MS MTI. L’an dernier ils étaient partis à Tokyo, cette année le choix s’est porté sur Séoul. Il s’agit à la fois de permettre aux étudiants de découvrir et comprendre ce qu’est un écosystème technologique et, pour GEM, d’analyser les meilleurs modèles mondiaux et d’en dégager les bonnes pratiques pour le cluster grenoblois.

Sur place, nos étudiants ont travaillé par groupe sur 6 thématiques : culture, communication/marketing, services et supports, éducation/formation, valorisation et transfert, organisation et gouvernance. Ils ont pu rencontrer les grandes composantes du cluster : universités, centres de recherche, entreprises et start-ups.

 

Quels sont les principaux enseignements tirés ?

L’héritage culturel et l’organisation au sommet de l’état (incluant l’impact fort des chaebols) contribuent à la mise en place d’une économie dirigée orientée vers trois axes stratégiques (santé, communication et environnement) appelés à créer « la société du bonheur ».

La communication est alors fondée non pas sur la technologie, mais sur le produit et l’application qui sont de facto accessibles au grand public. Ainsi, recherche et business sont-ils totalement décloisonnés. Les développements technologiques sont incubés dans les structures de R&D (souvent de financement privé), jusqu’au benchmarking opérationnel du produit ou du service (pré-industrialisation). La start-up alors créée voit ses chances de développement considérablement augmentées. La gouvernance explicite des écosystèmes contribue à l’efficacité du modèle coréen grâce à une mission, une vision et une stratégie clairement établies et affichées.

Au-delà de ces éléments qui peuvent inspirer des axes d’amélioration de l’écosystème grenoblois, le modèle éducatif coréen, construit sur une sélection drastique des meilleurs, amène les étudiants dans une formation éloignée de l’industrie, focalisée sur le classement en sortie.

 

De quelle manière exploitez-vous les enseignements de ces voyages d’étude ?

Plusieurs restitutions des résultats ont déjà été faites auprès des membres de l’IRT et lors de la journée NanoInside du 9 octobre dernier. Ces résultats vont bien entendu nourrir nos programmes de formation. Rappelons que la mission de GEM, dans le cadre de l’IRT Nanoelec, est de formuler des recommandations au cluster grenoblois issues des bonnes pratiques internationales mais également de permettre aux futurs managers et ingénieurs-managers d’acquérir des doubles compétences durables et de haut niveau en management de la technologie et de l’innovation en adéquation avec les besoins du cluster.

La prochaine étape sera de définir, pour le prochain voyage d’études, des indicateurs chiffrés qui nous permettent de réaliser une comparaison objective entre les différents clusters étudiés. Un rapport global sera rédigé lorsque nous aurons suffisamment d’éléments en main pour établir des constats et formuler des recommandations pertinentes.